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Commedia dell'arte:
Forme de comédie populaire apparue en Italie dans les années 1550, fondée sur l'improvisation, et qui influença durablement le théâtre européen. La commedia dell'arte remonterait au Moyen Âge, à l'époque où l'on jouait des farces dans les divers dialectes des régions d'Italie. Des troupes professionnelles, composées de ménestrels et d'acrobates ambulants, perfectionnèrent une forme de divertissement adaptée au grand public. Rompant avec la tradition du texte écrit et sans autre support qu'un canevas, les troupes, composées de six à douze acteurs, improvisaient des comédies mêlées de chants, de danses et d'acrobaties, sur des scènes de fortune, en plein air ou dans des théâtres aménagés. Les comédies reposaient sur des personnages stéréotypés et des situations burlesques, accompagnées de pitreries. À l'exception des titulaires des rôles d'amoureux, tous les acteurs portaient des masques!; mais à la différence du théâtre traditionnel, la commedia dell'arte faisait appel à des actrices pour interpréter les rôles féminins. Dès son apparition, la commedia dell'arte fut synonyme de théâtre professionnel, à l'opposé d'une forme de théâtre plus élitiste, la commedia erudita, jouée par des courtisans amateurs. Les personnages de la commedia dell'arte étaient facilement reconnaissables : Arlequin portait généralement un habit rapiécé et un masque noir au nez retroussé. Valet espiègle, malin et cupide, Arlequin était très épris des plaisirs de la table et de la compagnie des femmes. Il devait se transformer par la suite, dans les arlequinades, en un amoureux rêveur, vêtu d'un costume composé d'une multitude de petits losanges polychromes. Pantalon, marchand crédule, essayait de dissimuler son âge et de plaire aux jeunes femmes en portant des habits turcs très ajustés. L'ami de Pantalon, le Docteur, employait des mots latins pédantesques et confus, et préconisait des remèdes dangereux pour des maladies imaginaires. Capitan, tout en ne cessant de fanfaronner à propos de ses conquêtes guerrières et amoureuses, n'était en réalité qu'un lâche et un piètre amant. Polichinelle était un vaurien difforme et bedonnant, mettant au point d'horribles combines pour satisfaire sa méchanceté et ses désirs. Pierrot était un serviteur naïf et gauche. Colombine, servante ou femme de l'un des vieillards, introduisait une note d'esprit et de charme dans cet univers régi par la bêtise, la cupidité et la discorde. À partir de cette série de personnages (il y en avait vraisemblablement une douzaine d'autres), chaque troupe de la commedia dell'arte était en mesure de jouer des centaines d'intrigues différentes. À la demande, chaque acteur créait des farces assorties à son personnage, appelées lazzi. L'une d'elles consistait à se frapper mutuellement avec une latte ou un bâton. La commedia dell'arte bénéficia pendant deux siècles d'une extraordinaire popularité, qui s'étendit à toute l'Europe (et particulièrement à la France, où on l'appelait la «!Comédie-Italienne!»). Dans les années 1600, les gouvernements espagnol et français essayèrent de censurer ce répertoire!; mais son comique vigoureux et ses types fortement dessinés finirent par s'intégrer dans les formes de théâtre «!nobles!». Son influence est surtout manifeste dans les comédies de Molière (les Fourberies de Scapin) et Marivaux (Arlequin poli par l'amour). En Italie, Carlo Gozzi et Carlo Goldoni rivalisèrent pour faire revivre la commedia dell'arte au XVIIIe siècle, mais le genre ne devait se perpétuer réellement qu'à travers les divertissements populaires (tels la pantomime ou le music-hall) où ce sont les acteurs qui créent le spectacle. La commedia dell'arte a exercé une forte influence sur d'autres formes de théâtre, inspirant notamment la comédie allemande, espagnole ou d'Europe centrale, l'arlequinade anglaise, la pantomime française, les représentations de marionnettes (notamment de Guignol) et jusqu'aux prestations des grands comiques du cinéma muet, comme Charlie Chaplin. Voir Drame et art dramatique.